Journal du Pôle Adapt’ Édition 2

Journal du Pôle Adapt’ Édition 2

Servir, Sourire, Opiniâtreté c’est notre devise !

Le journal de pôle adaptation est un journal qui parle du quotidien des stagiaires. Il permet aux lecteurs de découvrir des personnes, des personnalités avec chacun, leurs techniques de travail, pour une insertion et une plus sûre intégration au sein de la société.

Elles sont nombreuses à choisir ce métier et parfois le parcours est hardi pour elles, mais elles ont décidé de travailler dans ce domaine assez spécifique, malgré la lourdeur administrative et le domaine qui n’est pas facile ; Au quotidien, elles affrontent le stress, n’hésitent pas à s’attaquer à des dossiers interminables, et sont souvent face à certaines situations parfois compliquées, mais elles réussissent à y trouver une solution sur mesure. Elles accompagnent ainsi, tout un chacun vers sa réussite et selon ses besoins.

Rencontrons l’une de ces femmes qui a osé, et a cru aux déficients visuels pour travailler avec eux. Avec passion et dévouement elle travaille avec cœur et courage.

Difficile pour un non-voyant de la voir, mais nous ressentons le sourire sur ses lèvres. Elle est toujours prête à servir.

Aujourd’hui, nous recevons dans le deuxième numéro du Journal du pôle Adapt : Madame Moreau Fabienne, assistante sociale.

Interview

Boubacar SY
Bonjour à tous ! Merci de nous rejoindre, lecteurs et auditeurs du Journal du pôle adapt.
Bienvenue dans cette deuxième édition.
Aujourd’hui nous recevons dans la deuxième édition du Journal, Madame Moreau Fabienne, assistante sociale.
Bonjour Madame Moreau,

Ranjith RANJAN
Bonjour Boubacar, Bonjour Mor et bonjour madame Moreau, Nous avons le plaisir de vous recevoir dans la deuxième édition de notre journal.

Mor Talla GNING
Bonjour Madame Moreau, bonjour Boubacar, bonjour Ranjith et bonjour chers auditeurs et lecteurs. Je suis ravi de participer à cette interview.

Fabienne MOREAU
Bonjour !

Boubacar SY

Merci encore une fois, Madame Moreau, malgré votre emploi du temps qui est vraiment très chargé, de nous recevoir dans votre bureau.

Fabienne MOREAU

C’est moi qui vous remercie d’avoir pensé à moi pour cette interview.

 

Mor Talla GNING

Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs et auditeurs ?

Fabienne MOREAU
Donc, je m’appelle Fabienne MOREAU, je suis assistante sociale au CFRP Valentin Haüy depuis un bon moment maintenant, puisque je suis à ce poste depuis 2010. Là, cette année, ça aurait fait huit ans. Heureuse d’avoir travaillé toutes ces années, au CFRP ; d’avoir choisi le métier d’assistante sociale pour apporter mon aide aux personnes qui en ont besoin.
Mor Talla GNING
En quoi consiste votre métier ?
Fabienne MOREAU
Au CFRP, je suis principalement chargée d’accompagner les stagiaires pendant leur formation. C’est-à-dire que pendant leur cursus, si les stagiaires ont besoin d’avoir des informations sur leurs droits, sur les dispositifs existants, s’ils rencontrent des difficultés que ce soit des difficultés personnelles ou des difficultés au niveau du logement, je vais essayer de répondre à leurs questions ainsi qu’à leurs besoins, de les accompagner de la meilleure manière possible ; de les aider dans les démarches administratives qui sont très lourdes et c’est vrai qu’avec la déficience visuelle, ce n’est pas toujours évident de remplir tous les documents qui sont demandés. Voilà, il y a beaucoup de demandes d’aides à ce niveau-là, et j’essaie d’être une aide pendant leur formation, pour leur permettre de suivre leur cursus dans les meilleures conditions possibles.
Mor Talla GNING
Depuis combien de temps vous exercez ce métier ?

Fabienne MOREAU

Je suis au CFRP depuis Mai 2010. Cela aurait bientôt fait huit ans ; avant, j’ai fait un court passage de six mois à l’IDES (l’Institut D’Education Sensorielle) qui est aussi situé à Paris, vers Denfert-Rochereau. Il accueille des jeunes déficients visuels.

En fait, c’est une école spécialisée pour les jeunes déficients visuels, un peu comme INJA (Institut National des Jeunes Aveugles). J’ai travaillé six mois là-bas avant d’arriver au CFRP et c’était un poste qui était à mi-temps contrairement à ici, où je suis là tous les jours.

Moi, j’ai toujours été assistante sociale. Pour l’instant, je n’ai pas exercé d’autres professions. J’ai fait, après le Bac, des études pour pouvoir être assistante sociale ; donc, je suis passée par un IUT (institut universitaire de technologie). J’ai fait d’abord un DUT (diplôme universitaire de technologie).

 

Boubacar SY

C’est quoi un IUT et un DUT ?

Fabienne MOREAU

Un IUT c’est un institut universitaire de technologie, c’est une branche de l’université ; mais qui propose des formations déjà un peu plus concrètes, c’est-à-dire qui mènent vers un diplôme qui nous permet de travailler assez rapidement.

Un DUT cela veut dire diplôme universitaire de technologie, carrière technologique, carrière sociale et cela dure deux ans. Ensuite, j’ai fait l’année de spécialisation pour obtenir le diplôme d’état d’assistance sociale. J’ai été à l’IUT de Paris 5, sur Paris.

Après avoir obtenu le diplôme d’assistante sociale, j’ai voulu continuer un peu encore dans les études et aller jusqu’à une Licence Professionnelle, parce que bien que l’assistance sociale c’est trois années d’études, on n’est reconnu que bénéficiant d’un BAC+2. Donc je me suis dit : tant qu’à faire, allons encore un  peu plus loin pour avoir le niveau Licence ; cela pourra toujours servir un jour.  Donc, j’ai fait une Licence professionnelle en Animation Sociale et Socio-Culturelle à l’IUT toujours mais de Bobigny cette fois dans le 93. Cela a été une année d’études en plus, bien que j’avais déjà mon diplôme d’assistante sociale et en fait, pendant ces études-là, on fait beaucoup de stages un peu comme vous ; des périodes de stages à l’extérieur, en entreprise, dans des structures etc.

Et pendant mes études, j’ai vu un petit peu de tout, dans le sens où, j’ai fait un stage dans les services de polyvalence de secteurs du Département : donc là, on reçoit des familles, des personnes un peu pour toutes les problématiques –aussi avec la protection maternelle et infantile ; la protection de l’enfance–  tout ça. J’ai vu un peu tous ces services.

J’ai aussi fait un stage à Médecin du Monde, de même qu’à l’Education Nationale dans un collège et un lycée. Cela m’a permis de voir déjà, pas mal de cas et de problématiques différents. En fait, ce qui est assez drôle, c’est que ce n’est pas pendant mes études d’assistante sociale que j’ai eu ma première expérience avec les personnes déficientes visuelles.

Quant au choix en plus du handicap, je n’avais pas du tout fait de stages dans ce domaine-là, pendant mes études d’assistante sociale.

Mais quand j’ai été en Licence, j’ai eu cette première expérience. Là, j’ai été en Animation Sociale et Socio-Culturelle, et dans le cadre de cette licence, on devait réaliser des projets d’animation, de culture etc.

C’était des projets que l’on faisait en groupe, en collectif avec plusieurs autres étudiants.

On avait un projet tutoriel à faire, axé sur la culture. Et nous, on avait eu l’idée de faire un projet pour permettre à des jeunes déficients visuels de pouvoir bénéficier de cours de dances Hip Pop, puisque dans notre groupe, on avait un jeune qui dansait et donnait des cours. On projetait aussi de leur proposer des cours de sculpture, puisque dans notre groupe, on avait une jeune fille qui donnait des cours de sculpture. Donc, tant qu’à faire, on utilisait un peu leur savoir-faire.

Le public déficient visuel… Bien voilà, je ne sais pas… Dans notre groupe, on s’est dit : tiens, si on essayait d’exercer dans une école spécialisée pour les jeunes déficients visuels ?

C’est vrai qu’on n’avait jamais eu trop d’expériences… Moi, je n’avais jamais trop été en contact avec ce public.

Du coup, on a décidé de faire ce projet à l’INJA (l’Institut National des Jeunes Aveugles). Donc, c’est là que j’ai eu ma toute première expérience et qu’on a fait ce projet avec les jeunes de l’INJA. ça s’est très bien passé. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est un public avec qui je me suis sentie bien. J’ai vraiment aimé faire ce projet avec les jeunes de l’INJA, et du coup, quand j’ai fini ma licence, quand j’ai voulu chercher du travail, je voulais être assistante sociale et je voulais absolument essayer de trouver quelque chose dans le champ du handicap et travailler si possible avec des personnes déficientes visuelles. Donc j’ai concentré mes recherches sur toutes les structures pour les déficients visuels. La première structure qui a répondu et avec qui cela a fonctionné, ce fut l’IDES, qui est à Denfert-Rochereau. Je n’y suis restée que six mois, mais je m’y plaisais beaucoup. C’était un poste qui m’intéressait beaucoup, mais c’était un poste qui était à mi-temps. C’est vrai qu’à un moment donné, il faut aussi penser à soi… Moi, j’avais aussi besoin d’avoir une activité à plein temps. Même si j’avais essayé de trouver une deuxième mi-temps, pour pouvoir essayer d’avoir deux mi- temps en même temps, ce n’était pas facile. Et donc, j’ai appris qu’ici on cherchait une assistante sociale à temps plein. C’était toujours un établissement avec des personnes déficientes visuelles, donc cela me convenait. J’étais amenée à travailler avec des adultes. C’est vrai que cela change aussi des enfants et voilà. C’est donc comme ça que je suis arrivée ici et que je suis ici, depuis presque huit ans.

Ranjith RANJAN

Avez-vous suivi une formation spécifique pour travailler avec la déficience visuelle ?

 

Fabienne MOREAU

Du coup, non. Comme je vous l’ai dit. Mes stages en tant qu’assistante sociale, je les ai faits dans des structures et des services totalement différents, pendant ma licence. C’est juste qu’on a eu envie, mon groupe de travail à l’INJA et moi, de travailler avec les jeunes de l’institut. c’est comme ça que j’ai eu ma première expérience avec les personnes déficientes visuelles et je n’ai pas forcément eu de formation…

J’ai envie de dire que c’est en étant ici au CFRP, qu’on apprend, qu’on acquiert de l’expérience, avec le temps et les années. Et en plus, le contact avec les collègues. J’avais eu quand même quelques informations de la part de l’instructrice en locomotion et de l’orthoptiste, mais voilà, c’est à force d’exercer ici qu’on se forme et qu’on apprend de plus en plus de choses.

 

Ranjith RANJAN

Que ce soit avant ou maintenant, des formations spécifiques existent- elles ?

 

Fabienne MOREAU

Des formations spécifiques par rapport à la déficience visuelle ?

 

Ranjith RANJAN

Oui ; ou même par rapport au handicap en général.

 

Fabienne MOREAU
Je pense qu’il doit y avoir des formations sur ce sujet-là. Je pense oui, peut-être… Des sensibilisations… Des choses comme ça. C’est vrai que, quand je suis arrivée… En fait, Assistance sociale, c’est un travail qui peut être très différent suivant l’endroit où on l’exerce. Par exemple, une assistante sociale à l’éducation Nationale, dans un collège ou un lycée, ne va pas forcément faire le même travail que moi ici. Une assistante sociale à l’hôpital, cela ne va pas être du tout les mêmes démarches ; elle va plus faire des demandes, par rapport à la santé, faire des demandes de CMU, des choses comme ça, et donc c’est vrai que, après on se spécialise quelque part.
Quand je suis arrivée, je n’étais pas forcément spécialisée dans la déficience visuelle, mais toutes ces années ça m’a permis d’apprendre beaucoup de choses : Notamment sur les dispositifs (c’est-à-dire, vraiment bien connaître les MDPH, bien connaître toutes les prestations proposées) quand on a besoin de faire des demandes de financements de matériels.
Maintenant, je sais qu’on peut faire une demande de PCH aide technique,
toutes les prestations, l’AAH, les aides au niveau des transports forfait
Améthyste…
Je n’étais pas forcément au courant de tout ça, et surtout de manière si détaillée. C’est en étant en activité que l’on est amené à s’informer tous les jours. On apprend de plus en plus de choses, et on se spécialise sur un domaine bien précis.
Boubacar SY
Parmi tous ces centres de formation qui accompagnent les déficients visuels, vous avez choisi l’AVH. Avez-vous aussi postulé dans d’autres centres ? Comment vous êtes-vous retrouvée ici ?
Fabienne MOREAU
Comme je vous l’ai dit, quand j’ai commencé à chercher du travail, je cherchais vraiment en priorité des structures pour les personnes déficientes visuelles, puisque je voulais travailler avec ce public. Donc, j’ai d’abord postulé à l’IDES, comme vous le savez. Et en fait, c’est marrant, puisque sur mon CV, c’est grâce à ce fameux projet que j’ai fait avec l’INJA, pendant mon année de licence, que le Directeur s’est dit :
«Ah ! Elle a déjà eu un contact avec les jeunes de l’INJA donc elle a déjà une expérience avec le public déficient visuel donc on va la prendre»
Parce que du coup, je sortais de l’école. Je n’avais jamais vraiment travaillé donc j’étais toute novice. Je pense que c’est cela qui a fait pencher la balance. C’est pour cela que j’ai été embauchée à l’IDES à l’époque.
Là, les assistantes sociales fonctionnent via un réseau. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de structures qui accompagnent les jeunes et les adultes déficients visuels. Par exemple, des enfants qui sont à l’école en intégration. (Ils sont suivis par des services d’intégration qu’on appelle le SiAM ou le S3AIS). En fait, il y a un réseau qui existe et on essaie de se réunir pour se tenir un petit peu au courant des nouveautés, se donner des nouvelles par rapport aux nouveaux dispositifs, aux nouvelles lois, des choses comme ça et aussi pour que l’on ait un appui, si un jour, on a besoin d’une information, d’un conseil. On peut solliciter les assistantes sociales de ce réseau.
Ainsi, il y a des réunions qui sont organisées tous les trois mois à-peu-près. Quand j’ai été à l’IDES, je suis allée à une de ces réunions ; et là, j’ai rencontré l’assistante sociale qui était ici, à ma place auparavant. et voilà, on a sympathisé. Elle m’a dit qu’elle avait pour projet de s’en aller, puisqu’elle allait partir vivre en province, et que son poste au CFRP allait bientôt se libérer. Je pense qu’elle m’avait bien appréciée, parce qu’elle m’a dit :
« Voilà, je pense que c’est bien pour toi, si tu postules au CFRP. Je pense que c’est un poste qui pourrait te correspondre»
Même si j’étais très bien à l’IDES, le fait est que c’était un poste à temps
plein. donc cela fait la différence.
Et donc, l’assistante sociale qui était là avant moi, quand elle a décidé de partir, m’a contactée pour m’en informer. J’ai pu alors présenter ma candidature et du coup, forcément, comme je venais de l’IDES, et que j’étais un peu recommandée par elle, qui était là auparavant, cela à aidé et c’est comme ça que j’ai été retenue et que je me suis retrouvée ici.

Boubacar SY

Vous auriez aussi pu être dans un autre centre qui accompagne les déficients visuels ?

 

Fabienne MOREAU

Dans un autre centre ? C’est-à-dire ?

 

Boubacar SY

Un autre centre qui accompagne les personnes déficientes visuelles.

 

Fabienne MOREAU

Oui ; j’aurais pu, s’il y avait eu d’autres centres qui cherchaient une assistante… Et si j’avais postulé… Mais là, ça s’est passé comme ça. Ça s’est passé assez naturellement.

 

Ranjith RANJAN

Pensez-vous que l’expérience avec les personnes handicapées est importante pour se retrouver dans ce domaine ici au CFRP ?

 

Fabienne MOREAU

Oui. Je pense que, si on a déjà travaillé dans le champ du handicap, et plus précisément, de la déficience visuelle, si on se retrouve ici, c’est sûr que cela aide. Mais après, je pense que quelqu’un qui vient d’un domaine totalement différent, il y aura forcément une période un peu de découverte, de démarrage au départ. Mais après, je pense que la personne va accueillir les réflexes, va pouvoir s’informer plus précisément sur le sujet, et qu’elle pourra exercer aussi bien sa profession. Moi, quand je suis arrivée à l’IDES, je sortais de l’école, donc c’est vrai que l’on apprend beaucoup de choses à l’école ; ça c’est vrai… Mais là, je me rend compte, après huit années d’expériences professionnelles, que c’est vraiment sur le terrain qu’on apprend.

Vraiment, en sortant de l’école on apprend des choses, mais c’est vraiment en travaillant que, et je m’en rends compte, c’est là où on apprend le plus. C’est là qu’on se forge, ça n’a rien à voir avec l’école.

C’est comme ça que je le ressens et c’est comme ça que ça s’est passé pour moi. Quand je suis arrivée, je connaissais quand même quelques petites choses, mais c’est vraiment le fait d’être sur le terrain, de se confronter à certaines problématiques, qui nous font apprendre des choses, qu’on est obligé de s’informer, et de creuser la question. Et là, on peut acquérir du savoir et de l’expérience.

 

Ranjith RANJAN

Qu’est-ce qui vous a marqué durant votre parcours au CFRP ?

 

Fabienne MOREAU

Ce qui m’a marqué ? En fait, je suis vraiment contente de mes huit années ici. Et ce qui me plaît, ce qui m’a plu alors, je parle au passé, parce que vous savez que je vais bientôt quitter le CFRP (rire) très prochainement, Je suis très contente de mon expérience. Pour moi en tout cas 8 ans ça me parait être déjà pas mal, et donc là, je sens et j’ai l’envie de changer.

Je pense que c’est bien de changer un peu dans la vie. Mais, en tout cas, ce que je retiens du CFRP, ce qui m’a plu de travailler dans le champ du handicap et avec les stagiaires déficients visuels, et encore plus au CFRP, c’est qu’on pouvait vraiment voir la progression du stagiaire, c’est-à-dire que, lorsque vous entrez en formation, souvent vous êtes là pour trois ans de formation minimum, voire plus, pour certains cursus. Et c’est vrai que ça nous laisse du temps pour mettre en place beaucoup de choses. C’est vrai que j’ai vu des situations où, quand la personne est arrivée, elle était dans telle situation ; et vraiment, à la fin de son cursus, on avait fait beaucoup de choses. On avait mis beaucoup de choses en place. On avait pu ouvrir ses droits, lui faire sa demande de matériels. Dans certains cas,même lui obtenir un logement etc.

Il y avait beaucoup de travail, mais quand ça aboutit favorablement, c’est ce qui est gratifiant et qui motive pour la suite.

Ça m’est arrivé de voir des évolutions, quand je repense au stagiaire, quand il était arrivé et quand je le vois, là où il est arrivé à la fin, avec un diplôme en poche, prêt à affronter le monde du travail. Je trouvais ça vraiment intéressant de voir cette belle évolution.

Boubacar SY

Quelles difficultés rencontrez-vous en temps qu’assistante sociale ?

 

Fabienne MOREAU

Là, je vous parle des bons côtés hein ? (rire) Il y en a beaucoup, mais sinon, ce n’est pas un métier facile… Ça je vous le confesse. C’est vrai que assistance sociale, des fois, c’est accompagner des personnes dans la mise en place de leurs droits, les dossiers MDPH plus la partie administrative ; ça c’est un peu à la fin. C’est toujours un petit peu la même chose. Parfois même, par réflexe, on met en place des déclarations trimestrielles.

Au début, il faut découvrir, mais après, on se rend compte que c’est toujours un peu pareil, et qu’il faut savoir adapter des réflexes. Mais parfois, il y a des situations un peu plus compliquées, où le stagiaire des fois, peut être dans une situation vraiment pas facile. Des fois, il peut y avoir des urgences, et même si on veut aider la personne et qu’on essaie de mettre en place tout ce qu’on peut, qu’on fasse des dossiers, des fois, ça ne marche pas toujours. On peut avoir un refus, ou avoir l’impression que rien n’avance, que ça n’aboutit pas, et on a envie de baisser les bras. à côté de ça, on a envie d’aider la personne et ça ce n’est pas toujours facile. Des fois, on a peut-être l’envie de se décourager… mais non ; il faut continuer, il faut persévérer et alors, quand on a une réponse

favorable, là, pour le coup, ça nous reboost pour un bon moment. Mais oui, ce n’est pas toujours facile. Des fois, on n’a pas forcément aussi toutes les solutions et voilà ; ça arrive qu’on puisse être impuissant face à certaines situations, mais bon, il y a des choses : par exemple, si je prends l’exemple du logement, c’est vrai que les demandes de logement social en région parisienne, c’est très long, c’est fastidieux. C’est vrai que des fois, on se décourage. On se dit que le stagiaire aimerait avoir son logement, mais nous, on n’a pas de baguettes magiques, on ne peut pas faire avancer les choses plus vite malheureusement. Mais, malgré tout, ma philosophie jusqu’à présent,

c’était de ne pas baisser les bras et on faisait quand même les dossiers, même s’il y en a qui disent que cela ne sert à rien, il faut les faire quand même. Si on ne les fait pas, c’est sûr qu’on n’a pas de réponses. Il faut faire les dossiers, voir tout ce qui existe, tous les dispositifs qui sont à notre disposition, et quand même faire les dossiers, faire faire et voilà… continuer, relancer, si on n’a plus de nouvelles Etc. et des fois, ça finit par payer. Donc, c’est vrai que ça peut être lent et décourageant, mais il faut persévérer et ne pas perdre espoir, puisque des fois, ça aboutit et on est content. Après, ce n’est pas toujours évident… Il y a des problèmes où on n’a pas forcément de solutions non plus, et ce qui est aussi compliqué dans ce métier, c’est de réussir à garder une distance. C’est-à-dire, de ne pas emmener les problèmes des autres chez soi, et ça ce n’est pas toujours évident. Au début, j’avais du mal ; après, avec l’expérience, j’ai réussi. Mais des fois, je ne peux pas m’en empêcher, même si je suis chez moi et pas au CFRP, je vais repenser à une situation qui va me stresser et je me dis :«Mince ! On n’a pas réussi à faire ci ou ça, comment va-t-on faire ?»

Des fois, il faut réussir à lâcher prise. Il faut se protéger aussi et se dire : «Voilà, je pense que je fais tout ce que je peux… Je fais de mon mieux, mais voilà, après il y a la réalité des choses» Ainsi, il faut savoir mettre une distance, et être objectif pour accompagner au mieux les personnes.

 

Boubacar SY

Vous allez partir bientôt du CFRP ; quels souvenirs gardez-vous du centre ?

Fabienne MOREAU

Des bons souvenirs ! Je vais le redire, cela fait huit ans que je suis là… Donc, je commençais un peu à faire partie des murs !

Quand je repense aux belles années que j’ai vécues ici… J’ai eu avec les stagiaires tant de belles rencontres ! Il y a des stagiaires qui ne sont plus là, qui sont partis, mais qui continuent à donner des nouvelles et des fois, je suis vraiment contente de voir qu’ils ont trouvé un travail ; qu’ils sont épanouis etc. Je me dis que leur passage au CFRP a été positif. Donc, ça c’est bien. Il y a aussi les collègues. On est une bonne équipe. J’ai beaucoup aimé travailler avec tous les collègues qui ont pu être ici au CFRP.

Je suis globalement contente de mon expérience. Je pense que j’ai grandi aussi. J’ai beaucoup appris ; j’ai rencontré de belles personnes… Je pense que j’ai fait de mon mieux pour aider comme je le pouvais les stagiaires. Donc, c’est le bilan que je garde du Centre et de mon passage au CFRP.

 

Boubacar SY

C’est un très beau parcours ! Aujourd’hui, il y a plusieurs personnes qui veulent embrasser ce métier. Quels conseils avez-vous à leur donner de par votre expérience ?

Fabienne MOREAU

C’est un très beau métier. Moi, ce qui me plaisait dans ce métier, c’était le fait d’avoir cette relation humaine, de rencontrer des personnes etc. et surtout, être dans cette dynamique d’essayer d’aider, d’accompagner, de proposer des solutions. Par contre effectivement, il faut savoir que l’assistante sociale ne fait pas tout toute seule. On avance ensemble avec le stagiaire, parce que si le stagiaire n’est pas moteur, moi, je ne peux pas faire grand-chose. C’est vraiment un travail en binôme, j’ai envie de dire ; c’est vraiment un accompagnement. Les deux personnes avancent ensemble… je trouve ça intéressant.

Après, les conseils que je donnerais, c’est surtout d’être vigilant et veiller à garder une certaine distance, comme je le disais tout à l’heure. De rester professionnel, de rester objectif et de se dire qu’on fait de notre mieux pour accompagner les personnes. Si des fois on a des réponses négatives, il ne faut pas le prendre pour soi, se dire : «C’est de ma faute… j’ai mal fait»

Ou quelque chose comme ça. Il faut essayer de relativiser et de lâcher prise. Mais il faut essayer de faire les choses au mieux, d’avancer au mieux avec le stagiaire.

 

Boubacar SY

Souvent, dans la vie de tous les jours, ils rencontrent des difficultés, des contraintes. Ayant connus parfois la marginalisation, la discrimination, que ce soit au sein de la famille ou de la société, certains parmi eux ont pris leur courage à deux mains pour lutter contre les maux et affronter les mots, afin de participer au développement socio-économique et politique de la société.

 

Merci Madame MOREAU, de nous avoir accordé cette interview.

 

Fabienne MOREAU
Mais de rien, merci à vous de m’avoir écoutée et lue.

 

Boubacar SY

Merci Ranjith, merci Mor.

 

Ranjith RANJAN

Merci à tous.

 

Mor Talla GNING

Merci à vous, et merci Madame MOREAU de nous avoir donné l’occasion de vous poser ces questions. J’espère que la suite sera favorable pour vous, on vous le souhaite de tout cœur.

 

Fabienne MOREAU

Je vous remercie et je l’espère aussi pour vous également. Je ne vous souhaite que des bonnes choses, avec tout le succès que vous méritez.

Les intervenants en chœur

Merci et bonne continuation à vous.

Fabienne MOREAU

À vous aussi.

 

Après un moment, «Irruption dans la pièce d’une partie de la section, avec des présents plein les bras, à l’intention de Fabienne MOREAU».

 

Commencez la lecture à partir de 25:14

 

Réalisation

 

Boubacar SY

Ranjith RANJAN

Mor Talla GNING

 

Transcription

 

Ranjith RANJAN

 

Remerciements pour la participation

 

Madame Fabienne MOREAU

 

Traitement du son et montage

 

Julia HOUILLON

 

Crédit son

 

Nicolai Heidlas

 

Dicton«Ojos que no ven, corazon que no llora».
Traduction mots à mots :Yeux qui ne voient pas, cœur qui ne pleure pas.
Traduction :Quand nous n’avons pas connaissance d’une information/problème, cela ne peut pas nous faire souffrir.
Teri HOUILLON
Énigmes1. Quelle différence y a-t-il entre un rat et un prisonnier ?2. Quelle est la fée que les enfants redoutent le plus ?3. Plus nu que lui, tu meurs.Retrouvez les réponses de ces énigmes au prochain numéro !Les réponses de l’énigme édition 1
1. Qu’est ce qui tombe sans faire de bruit ?Réponse : la nuit.2. Quelle opération permet de trouver le chiffre 111 en utilisant 4 fois le chiffre 4 ?Réponse : 444/4=1113. Je ne suis ni roi, ni reine, mais je porte ma couronne comme unroi et comme une reine. Qui suis-je ?Réponse : Un ananas. (Le fruit fraîchement cueilli et dans toute sasplendeur).
À très vite pour le prochain numéro !
Réalisation
Denise LELOUPLa section adaptation
Service Informatique et Mise en ligne
Grégory GONZALEZAdrien GRASSA
Graphiste
Julia HOUILLO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *